Source: Fichiers envoyés par Rolland THOMAS Date: année scolaire 1960-1961 Lieu: ENG d'Arras, rue des Carabiniers d'Artois Sujet: livre offert par la classe de 1ère C à Rolland THOMAS, son major et responsable de la "coopé" de 1ère C. Nous avions créé,  dans notre classe de 1ère C, une « coopérative » d’entraide. En fait, coopérative est un bien grand mot ! Il s’agissait d’une simple cagnotte. Tout le monde  avait versé au pot pour la constituer. (Rolland THOMAS). Rolland THOMAS, major de la classe, était le trésorier zélé de ces micro crédits sans intérêts. Cette cagnotte servait à prêter de l'argent à ceux d’entre nous qui connaissaient des fins de semaine difficiles. Chacun pouvait emprunter selon ses besoins. RINGOT en était le meilleur client. Et  contrairement à ce qui se passe actuellement, tout le monde remboursait. (Rolland THOMAS). Or, lors d’un match inter classe, ou l'un des célèbres Artois- Marittthhhhimes  (Georges POLET), Rolland THOMAS qui, bigleux,   devais jouer au foot avec ses lunettes, s'était salement blessé. Tom avait le visage ensanglanté, un verre était cassé ou sorti de la monture. Nous ne savions pas quelle partie de l'œil était atteinte: arcade, paupière ou l'œil lui-même, car le sang coulait fort. Et Tom ne voyait plus rien. Et alors que nous le raccompagnions vers notre salle de classe en le portant car il avait été sonné lors du choc, il s'écria : "Je m'en fous même s'il est crevé: c'est mon œil le plus faible". Et ceux qui l'ont connu à l'étude en 1ère C se souviennent peut être de notre major, penché sur ces bouquins avec un œilleton noir qui tentait de préserver cet œil. (Georges POLET) Tandis qu’il était parti pour recevoir des soins, dans notre salle d’étude,  notre pote RINGOT, célèbre pour son caractère affirmé et pour ses  coups de colère légendaires, mais au cœur généreux sous une carapace rugueuse,  s’adressa à la classe. En substance, il nous rappela que Tom était un dévoué major et que la petite cagnotte serait fort bien utile pour lui faire un petit cadeau. A l’unanimité nous approuvâmes et il me semble qu’Alain PLATIER se chargea de l’achat d’un livre de Conan DOYLE. Ce jour là chacun a ressenti, je pense, que l’amitié entre pensionnaires n’était pas un vain mot. (Patrick GOBLET) J'ai encore les deux bouquins qui m'avaient été offerts en liquidant la cagnotte: le Conan DOYLE et une anthologie des poésies de VERLAINE de chez SEGHERS. C'est Tatave qui s'est chargé d'aller les acheter chez BRUNET. Je les retrouverai bien un jour et vous scannerai les dédicaces.  (Rolland THOMAS) Avec Alain BLOND, en villégiature dans mes montagnes, nous avons retrouvé, en ouvrant des malles, l'un des livres qui m'avait été offert lors de la liquidation de la cagnotte de 1ère C. Vous (ceux de la 1ère C) retrouverez votre signature de l'époque.  La première, en haut et à gauche, un peu effacée, est celle de PLATIER, je pense. (Rolland THOMAS)